La science n’échappe pas aux fluctuations idéologiques difficilement extirpables des contextes sociaux dont elles sont à la fois origine et débouché. L’anthropologie et la préhistoire ne font pas exception. Tout au long des XVIIIe et XIXe siècles, naturalistes et anthropologues instrumentalisent les indigènes qui jouent tour à tour le rôle du chaînon manquant, de l’ignoble sauvage ou, parce que « le moins homme », du noble sauvage.
Le documentaire Petite fille, récemment diffusé sur Arte et unanimement célébré par les médias de masse, manque cruellement de recul et de critique quant aux conséquences de la prise de bloqueurs de puberté chez un enfant de sept ans et aux répercussions pour tout être humain de grandir dans une société où l’asymétrie des genres façonne notre identité.
Voici un récit à propos du pire récit jamais raconté. C’est celui que l’on vous raconte s’il a été décidé à votre naissance que vous deviez grandir pour devenir un vrai garçon et, un jour, un vrai homme. Cette décision a été prise à la va vite, après une simple inspection visuelle de votre entre-jambes de nouveau-né. Et personne ne vous a demandé votre avis puisque vous veniez tout juste de naître. Pourtant, cette décision allait déterminer une grande partie de votre vie, peut-être même sa plus grande partie.
Roswitha Scholz est une théoricienne marxienne dont les analyses de l’économie politique renouvellent celles élaborées par le groupe allemand Wertkritik qui se définit comme une critique radicale de la valeur. Un recueil de ses différents articles intitulé Le sexe du capitalisme est publié aux éditions Crise & Critique.
Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, des amies abolitionnistes du système prostitutionnel ont été insultées, agressées, menacées par des hommes et des femmes qui pensent, croient, hurlent, que la prostitution est un travail et le proxénète un chef d’entreprise. Voici le témoignage de l’une d’entre elles, survivante du système prostitueur
Dans une société policée, civilisée, aliénée, où la majorité de la population est éduquée en vue de se soumettre, d’éviter et de fuir les conflits, l’hypocrisie, l’obséquiosité, la flatterie sont de mise. D’autant plus à ce stade du capitalisme qui tire profit de la psychologisation des sentiments empathiques pour s’aliéner les consommateurs. C’est pourquoi nommer les choses par leur nom, sans tourner autour du pot, est perçu par beaucoup comme une agression.
J’entends souvent dire que nous vivons dans des sociétés pacifiées et pacifistes, où le culte de la paix est si ancré que toute violence est condamnée, et que le progrès nous a permis d’inventer une société sécurisée et moins violente que par le passé. À bien y réfléchir, il me semble que beaucoup confondent paix et soumission.
Bianca Cendrine Bastiani, dans son roman autobiographique Cendrillon du trottoir, publié chez JDH éditions, retrace sa descente aux enfers dans le milieu de la prostitution, de la pornographie et du BDSM (Bondage, Discipline, Sadisme et Masochisme).
Je vais utiliser des mots légèrement rudes et durs. Je dois dire, pour ma défense, que tous ces mots viennent de compañeras femmes zapatistes non indigènes. Alors, si ça vous scandalise, eh bien, restez bien calés au fond de vos chaises.
Dans Le fermier et l’accoucheur, Michel Odent identifie plusieurs similitudes entre l’industrialisation de l’élevage et l’industrialisation de la naissance. L’une et l’autre évoluent parallèlement au cours du 20ème siècle. Elles imposent centralisation et standardisation, entraînant la disparition des petites fermes, blâmant l’accouchement à la maison, condamnant les petites maternités à la disparition. L’intensification de l’élevage a grandement contribué au développement des industries chimiques et pharmaceutiques, avec l’utilisation d’engrais synthétique, d’herbicides, d’insecticides. L’élevage sélectif augmente la productivité de viande et de lait grâce à l’injection d’antibiotiques et des combinaisons d’hormones. Le fœtus, par la transmission placentaire, est exposé à une grande diversité de ces substances synthétiques solubles dans les lipides, et en particulier les insecticides et herbicides, substances polychlorinées qui s’accumulent dans les tissus adipeux. Il est donc important de s’inquiéter de cette pollution intra-utérine en étudiant la santé primale qui commence dès la période intra-utérine et se termine à la fin de la première année.
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