Image de couverture : La fille aux allumettes, film d’Aki Kaurismaki, 1990

LE TRANSACTIVISME EST LE NOUVEAU SOCIALISME

Jo Brew – Radical Feminist Essays

En Occident, presque tous les États, presque toutes les organisations et les grandes entreprises ont désormais adopté l’idéologie de l’identité de genre, ou transactivisme. Cette nouvelle théorie redéfinit le mot femme qui, de « femelle humaine adulte », devient « n’importe qui déclarant avoir une identité de genre de femme ou de femelle ». Nous sommes nombreux à nous opposer fortement à cette évolution régressive et dangereuse : féministes, auteurs, scientifiques, acteurs, universitaires et conservateurs, mais elle est soutenue sans réserve par la Gauche. Cet article cherche à expliquer pourquoi la Gauche, censée défendre les opprimés, ne s’est pas empressée de défendre les femmes ou la réalité matérielle dans cet affrontement entre les droits. Serait-ce parce que la Gauche aime le transactivisme qui serait le nouveau socialisme ?

Au cours des cinq dernières années, les gouvernements et les organisations de gauche ont suivi le mouvement et adopté l’idéologie de l’identité de genre. De fait, dans de nombreux pays, les plus empressés à promouvoir le remplacement du sexe par l’identité de genre sont les partis ou les syndicats socialistes. Cela est vrai du Royaume-Uni où le Labour Party et les grands syndicats tels Unite, UNISON et GMB sont fortement favorables à la transidentité. De même en Australie, en Inde, dans certains pays d’Asie du Sud-Est, dans les Amériques et l’Union Européenne, la Gauche est fortement favorable à la transidentité. Les nations plus conservatrices d’Afrique, du Moyen-Orient, la Russie et ses États satellites n’ont pas adopté la transidentité.

L’engouement que les cercles gauchistes ont pour l’identité de genre est paradoxal. Les partis socialistes et marxistes sont issus d’une tradition matérialiste dans laquelle les conditions objectives et matérielles des gens conditionnent leur appartenance de classe et leur politique. En tant que philosophie, le matérialisme considère que la matière et toute chose, y compris ce que nous pensons et ressentons, résulte d’interactions matérielles. La conscience se développe à partir des évènements de la vie réelle. Au XIXe siècle, les penseurs de gauche rejetèrent le spiritualisme (selon lequel l’esprit est ontologiquement supérieur à la matière), et l’idéalisme (selon lequel les pensées et les idées sont censées créer et diriger les évènements). Ils élaborèrent la philosophie politique du matérialisme historique qui est au fondement du marxisme et du socialisme. Pourtant, depuis 2015, la gauche a changé de camp philosophique en rejetant la réalité matérielle des corps mâles et femelles et en donnant la primauté aux idées – aux concepts d’identité. La Gauche est passée de l’analyse de classe matérialiste à la promotion et à la défense de politiques identitaires individualistes. Pour beaucoup d’entre nous, cela semble bizarre, inexplicable et incohérent.

Il est également déconcertant que la Gauche, censée défendre les droits des femmes, ait désormais choisi de soutenir les exigences d’hommes qui se disent femmes en dépit des droits des femmes que la transidentité sape. De fait, ils vont encore plus loin – ils s’attaquent directement aux féministes. Certaines contestations particulièrement violentes à l’égard des femmes qui critiquent l’identité de genre visent les féministes du Labour Party, du Green Party (Verts) et des syndicats.

Alors, si la Gauche n’est ni matérialiste ni féministe, qu’est-elle ? Est-il possible qu’en réalité, la Gauche soit un groupe d’intérêt pour les mâles beta opprimés ? L’Oxford Dictionary définit le mâle beta comme « un animal mâle dominé au sein d’un groupe particulier » ou comme « un homme qui tend à assumer un rôle subalterne et passif dans une situation sociale ou professionnelle donnée ». Pendant la révolution industrielle, les mâles beta étaient la classe ouvrière masculine que les partis de gauche et les syndicats représentaient. Cela signifiait que sous le capitalisme, les hommes de la classe ouvrière, dépossédés du capital et des moyens de production, n’avaient que leur propre travail à vendre pour gagner leur vie et étaient en général exploités par les riches. L’astuce de la Gauche a consisté à convaincre un maximum de gens que ce qui était bon pour les hommes de la classe ouvrière l’était aussi pour les femmes de la classe ouvrière, les chômeurs et les opprimés en général. Ils possédaient une philosophie politique cohérente pour le justifier.

Avant de poursuivre, je tiens à souligner que les féministes radicales veulent abolir le système hiérarchique de classe qui crée les personnes alpha et beta, les riches et les pauvres, la classe dirigeante et la classe travailleuse. Ce texte est une analyse et non une défense des structures oppressives actuelles.

Ce que les partis politiques de gauche ont apporté au XXe siècle est l’éloge de la fraternité, des syndicats, des organisations de travailleurs et même de frères particuliers. La Gauche ne se mettait pas seulement au service des intérêts de la fraternité. Ils plaçaient cette fraternité au premier plan de la lutte pour le meilleur des mondes. Marx et d’autres soutenaient que c’était l’union consciente, organisée des travailleurs qui instaurerait un monde meilleur. Et en effet, à longueur de livres et de traités, les théoriciens politiques masculins affirmaient que la vraie route de la libération passait par la lutte collective sur le lieu de travail et, à une époque où la plupart des travailleurs à plein temps sous contrat étaient de sexe masculin, cela signifiait les hommes. Cela plaisait beaucoup aux hommes, qui prenaient ainsi la première place et se transformaient en sauveurs. Tous les espoirs reposaient sur eux. Leurs organisations l’emporteraient, et tous les autres (les femmes, les enfants, le lumpenprolétariat – les communautés) devraient les soutenir. Notre rôle était de les soutenir, ils nous représenteraient et une fois qu’ils auraient gagné ce qu’ils appelaient « notre » combat, ils nous assuraient que nous serions tous gagnants. La théorie socialiste fut élaborée pour conforter cela et on l’enseigna dans les universités. La cheville ouvrière était le travailleur syndiqué, l’ouvrier. Le marxisme a passé sous silence la relégation des femmes au second plan dans la sphère privée. Si on en prenait acte, c’était pour soutenir que les femmes étaient impuissantes car la seule façon d’abattre le véritable ennemi était la grève.

Ce n’était pas son efficacité, sa vérité ni sa logique qui rendaient le marxisme populaire. Le XXe siècle a abondamment démontré ses défauts à la fois théoriques et pratiques. Le marxisme était populaire parce qu’il donnait une position centrale à un large groupe d’hommes démunis et à nous autres, il recommandait d’aider ces hommes dans leur combat contre des hommes plus riches et plus puissants. Tout dépendait de notre aide aux travailleurs, ces hommes démunis, et de notre soutien. C’était séduisant pour les hommes qui occupaient une place centrale. Cela détournait l’attention de leurs rapports avec les femmes, avec les enfants et avec l’environnement. Seule importait la bataille qu’ils livraient aux hommes riches. Lorsque les féministes critiquaient Marx pour sa conduite épouvantable envers les femmes, les socialistes les faisaient taire car il ne fallait pas affaiblir la principale lutte, la lutte de classe des travailleurs contre les capitalistes. Ce n’est pas parce que le socialisme était efficace qu’il était populaire, mais parce qu’il était bon pour les hommes. Il leur donnait une place centrale. Pendant que la fraternité socialiste disait aux femmes de faire des gâteaux pour récolter de l’argent pour la caisse de grève qui mènerait à la révolution et à un avenir meilleur, les hommes obtenaient satisfaction sur le champ, ils devenaient les héros, ceux qu’il fallait soutenir dans leur lutte. Les femmes n’avaient qu’à se concentrer sur, compter sur et rêver d’un paradis futur. Les malheureux hommes en grève étaient à la fois victimes du capitalisme et des espoirs que nous placions en eux (l’avant-garde de la révolution). Pendant qu’on disait aux femmes de penser à l’avenir et d’aider les hommes qui étaient opprimés, certains d’entre eux en profitaient, batifolaient, profitaient de l’attention, ils étaient chefs chez eux et dans leurs communautés. Ils n’ont jamais voulu d’une révolution socialiste demain, ils voulaient le pouvoir tout de suite. Dans leurs communautés et dans leurs familles, les mâles beta goûtaient à la virilité alpha et cela leur suffisait. On aimait ces hommes en tant que victimes (du capitalisme) et en tant que héros (de la révolution socialiste).

Le narratif de cette fraternité s’est désintégré avec la mondialisation, la désindustrialisation de l’Occident et la chute du Rideau de Fer en 1989. Il s’est écroulé en même temps que le Mur de Berlin. L’Occident avait gagné la guerre froide et les patriarches ont passé les années 1990 à se partager le contrôle de l’ancien bloc soviétique – en privatisant la production, en contrôlant les marchés et les ressources. À domicile, ils ont brisé les syndicats et leurs organisations politiques ont brisé les partis socialistes et avec eux le contrat entre mâles alpha et mâles beta, qui avait offert un fief aux hommes moins nantis, a été dissous. C’est l’inverse de ce qui s’est passé après l’accord du Good Friday en Irlande du Nord lorsque la classe dirigeante masculine a réalisé qu’il fallait donner du travail aux anciens paramilitaires, quelque chose à faire et un statut. Après la chute du communisme soviétique, on a laissé s’enliser les militants gauchistes défaits. De nombreux jeunes hommes en colère ont alors commencé à chercher une nouvelle solution. Entre 1990 et 2015, on a assisté à une série de tentatives ratées – partis de gauche populistes, incels, tireurs solitaires qui s’attaquaient aux femmes, aux acteurs ou aux groupes religieux. Les hommes se sont mis à regarder de la pornographie violente chez eux et ont sublimé leur violence sexuelle dans des groupes de supporters au football, mais les partis politiques n’avaient rien à offrir. Les mâles beta n’avaient pas d’organisation, dans leurs communautés ils ne savaient pas comment acquérir un statut, une petite amie, et surtout ils ne savaient pas comment se distinguer et être plus importants que les femmes. Pendant ce temps, en Occident, où on est majoritairement chrétien, les gens quittaient l’Église en masse en partie par athéisme et en partie à cause des scandales de pédocriminalité. Dans les pays musulmans, au contraire, la religion a réussi à séduire les jeunes gens.

En 1989, la guerre froide s’est achevée après avoir duré 70 ans. Et les patriarches occidentaux ne ressentaient plus le besoin de libérer les femmes pour cet effort de guerre. Ils sont rentrés mettre leurs maisons en ordre et leurs femmes à leur place. La fin de la guerre froide signifiait que les Occidentaux victorieux avaient davantage de temps pour livrer leur guerre intérieure aux femmes. En même temps, le marché conclu entre les patriarches occidentaux (Droite) et les mâles beta (Gauche) a volé en éclats.

Pour qu’une société fonctionne en tant que patriarcat, ce que beaucoup souhaitent, il est essentiel que les mâles beta en retirent quelque chose. Il serait bien sûr préférable de passer à une société post-patriarcale, mais ce n’est pas ce qui est en train d’arriver. En patriarcat, les jeunes mâles beta veulent leur part du gâteau, ils veulent pouvoir exercer leur domination sur leurs femelles et leurs communautés. Disparues la fraternité des syndicats, des partis socialistes, de l’idéologie marxiste valorisante qui permettaient à ces jeunes gens de séduire les filles grâce à leur bravoure. Comment remplacer cela ? Avec la mondialisation et l’Internet, la solution proposée devait être décentralisée, postmoderne, elle devait offrir aux mâles beta un statut, de l’autorité, des emplois et, point essentiel, elle devait faciliter la satisfaction de leurs besoins sexuels.

La nouvelle proposition faite aux mâles beta repose en partie sur davantage le football (et d’autres sports tels le golf), ce qui offre aux hommes un accès presque permanent (24/7) à une communion fraternelle. Dans le monde entier, des hommes et certaines femmes mal inspirées construisent et reconstruisent leur masculinité au cours d’un rituel hebdomadaire, voire quotidien dans certains cas, de sexisme sublimé. J’ai expliqué en quoi le golf est du sexe sublimé sur le site féministe 4W, et il en est de même pour le football. Cette activité de loisir soutient la solidarité de classe masculine et les identités masculines. Elle est manifestement sexiste et promeut la violence envers les femmes. Au Royaume-Uni les soirs de match, les autorités déploient des forces de police plus nombreuses car il y a une recrudescence des violences domestiques masculines envers les femmes par les supporters des deux équipes.

La seconde partie de cette proposition faite aux hommes consiste à un accès accru à la pornographie grâce à l’Internet. Fournie par des entreprises privées, la pornographie est rendue possible grâce aux grandes banques et aux fournisseurs d’Internet, et elle est soutenue par les médias dominants grâce à la pornographie soft contenue dans presque tous leurs spectacles.

La troisième proposition, et elle représente une importante avancée politique pour les mâles beta, est le transactivisme qui se développe depuis les années 1980 mais a littéralement explosé dans la pensée dominante après 2015. Le transactivisme est le nouveau marxisme. C’est le nouveau socialisme. Il prétend même être le nouveau féminisme. Le transactivisme est le nouvel -isme. Le transactivisme est populaire parce qu’il est bon pour une classe d’hommes. Si ce n’était pas son efficacité, sa vérité ni sa logique qui rendaient le marxisme populaire, ce n’est pas son efficacité, sa vérité ni sa logique qui rendent le transactivisme séduisant. Ses défauts théoriques et pratiques ont déjà été abondamment démontrés. Cette théorie prend l’eau de tous côtés. Ses partisans répugnent à débattre publiquement, ils changent de version et refusent de définir les termes qu’ils emploient. Ils emploient femme et genre de façon interchangeable et ils changent le sens des mots. Même ses propres architectes, tels Judith Butler, font machine arrière, zigzaguent et noient le poisson.

Mais cette absence de logique n’a pas d’importance. Et certainement pas pour les hommes à qui elle donne une place centrale. Tout comme le marxisme était populaire parce qu’il était bon pour les hommes dominés, le transactivisme est populaire parce qu’il est bon pour une fraction des hommes dominés. Il les place au centre d’un nouveau narratif dans lequel ils sont à la fois victimes et héros. Le marxisme se concentrait sur l’oppression économique (par le capitalisme) et y répondait en faisant des hommes les victimes principales, et en faisant des syndicats masculins, des fraternités, les agents du changement les plus efficaces et les plus durables. En ciblant les travailleurs industriels salariés comme les plus capables de renverser le capitalisme, il donnait une place centrale à ces travailleurs et les exaltait. Le transactivisme se concentre sur l’oppression sociale (par la société, par le contrat social, par les normes sociales). Alors que le marxisme désignait le capitalisme comme le méchant, selon le transactivisme, les méchants sont la société conservatrice et les TERFs (féministes radicales qui excluent les trans). En désignant les attitudes conservatrices et les féministes radicales comme les méchantes, le transactivisme innocente habilement le capitalisme. C’est bon pour les affaires et c’est peut-être l’une des raisons qui explique que les entreprises ont si rapidement adopté le transactivisme.

Le transactivisme permet aux jeunes gens d’être les victimes de familles conservatrices et d’être des héros en s’en émancipant. Ils sont les fils qui combattent les pères patriarches. Il permet également aux jeunes gens d’être les victimes de celles qu’ils considèrent comme des femmes matriarches plus âgées et qui les oppriment car elles sont en position d’autorité sur les lieux de travail, dans la vie publique et à la maison. Les jeunes mâles béta veulent davantage de sexe avec des jeunes filles et ils considèrent que les femmes plus âgées sont un obstacle. Ils veulent aussi jouir des privilèges masculins et ils pensent que ces femmes plus âgées les ont remis en cause.

La Gauche a l’habitude d’attaquer à la fois la Droite et les féministes. Elle les amalgame souvent et dit que les féministes sont de droite, sont des oppresseurs nazies. Elle donne sciemment de nous l’image fausse de femmes de droite conservatrices. Qu’importe tout ce qui prouve que nous sommes pauvres, progressistes, syndicalistes, lesbiennes, la Gauche persiste à dire que nous sommes des fanatiques de droite, conservatrices et nazies. Cette accusation dérange particulièrement les femmes qui ont passé des décennies dans le mouvement ouvrier et se sont impliquées dans la lutte de classe en bonnes camarades. Nous diffamer en nous accusant d’être de droite, c’est trahir notre travail et notre histoire.

En tant que proposition, le transactivisme est différent de la vieille Gauche où les hommes devaient être fraternels, frères/ouvriers en armes, matérialistes, le sel de la terre. Ils avaient une place, et ils avaient leurs femmes. C’est cet aspect de leur domaine que décrit ce récit. Lorsqu’au sein du parti travailliste local, au Royaume-Uni, je soutenais qu’il ne fallait pas autoriser les hommes à entrer dans les prisons pour femmes, je disais : « les hommes ne devraient pas être autorisés dans nos prisons », ce qui a incité un homme à se lever et à crier « qu’est-ce que ça veut dire nos prisons ? Elles ne sont pas à vous ! ». Il était furieux que femmepuisse être un mot qui relie les femmes au point que nous puissions revendiquer « nos prisons ». Ce qu’il voulait dire c’est que moi, et de fait aucune femme, n’avait le droit d’utiliser ce mot pour laisser entendre qu’en tant que femmes nous avons un intérêt de classe collectif et que nous parlons au nom de nos sœurs incarcérées. Il pensait que lui seul pouvait parler des femmes incarcérées parce que c’était son fief – sa classe – qui supplantait mon autorité pour parler. Et bien entendu, il supposait qu’en tant que féministe, je n’appartenais pas à la classe ouvrière.

La Gauche recherche une nouvelle idéologie depuis la fin de la guerre froide, et ils l’ont trouvée. Pour qu’elle soit vraiment à l’avantage des hommes, il faut qu’une idéologie leur donne réellement une place centrale. Et depuis que les femmes sont entrées sur le marché du travail et que la mondialisation a dispersé les emplois, que les syndicats ouvriers peuvent être discrédités en un clic, le marxisme a dépéri. Il est impuissant contre le capital et il a cessé de donner une place centrale aux hommes.

S’ajoutant à ce mélange historique, beaucoup croient que les féministes avaient été trop loin dès 2015 en protégeant les changements obtenus après les scandales de la pédocriminalité qui avaient interdit aux hommes l’accès aux enfants par le biais de l’Église, des écoles, les garderies, le star système, etc.

Pour conclure, le transactivisme avantage les mâles beta de plusieurs manières. Il leur donne une place centrale. Il fait taire les femmes. Il fait des hommes à la fois des victimes et des héros. Il réinvente, rajeunit les arguments qui situent les féministes à droite. Il justifie l’exclusion de la sphère publique des femmes plus âgées et crée des lieux où les hommes peuvent avoir accès aux jeunes femmes et aux enfants. Il offre à des jeunes gens et à des jeunes filles l’opportunité de faire la morale – de canaliser une colère socialement valorisée. La juste colère va main dans la main avec la religion et le transactivisme ressemble à une religion. On a beaucoup écrit sur le lien victime/héros entre Jésus et Che Guevara. Il est efficace pour une classe de dépossédés que la Gauche a abandonnée sur le bord de la route et il peut aider à gagner des voix, évidemment c’est important pour eux. Il donne à la Gauche une raison d’être qui la met vraiment en conformité avec la Droite, pour une fois, et ils peuvent dire avec confiance que cette fois, ils sont du bon côté de l’histoire. En 1917, ils ont parié sur le mauvais cheval et ils ne sont pas prêts à recommencer. Il donne quelque chose à faire à la Gauche, il la remet autour de la table en tant que joueur utile. Il donne du travail aux fidèles et une voie d’accès au sexe aux pédocriminels et aux incels. Cela semble incroyable mais le transactivisme est le nouveau socialisme. Et comme d’habitude, la solution est le féminisme radical.

Jo Brew – 29 mai 2022

Traduction Annie Gouilleux

Lyon le 11 juin 2026

Relecture et corrections : Lola