Les lézardes de feu

L’Aigrette, la truite, la martre,
Le vers, le carabe, le chiendent,
le hérisson, la guêpe, l’ortie,
Le cèdre, la jonquille, le desman…

Tous les terrestres rejoignent l’Océan
Partagent sa tristesse et sa douleur,
Volant, creusant, rampant, marchant,
Sous la clameur des grues.

Ciel d’ailes aux nuages coassant,
Herbes voyageant à dos de cigales,
Galeries de forêts rouges et d’ammonites
Filet de chenilles sur toiles de mygales.

Tous les terrestres rejoignent l’Océan
Partagent sa tristesse et sa douleur,
Volant, creusant, rampant, marchant,
Sous la clameur des grues.

Son obscur œil de pieuvre
tambourine dans toutes les veines,
Son verbe de corail et de sable
ravine les gorges et les aines.

Tous les terrestres rejoignent l’Océan
Partagent sa tristesse et sa douleur,
Volant, creusant, rampant, marchant,
Sous la clameur des grues.

Bourrasques, bruines et pertes
Charrient ses os irradiés.
Jusque dans nos poumons,
Blessures et grincements de graviers.

Resteras-tu, homme, indifférent à leur courage,
À leur indéniable goût pour la liberté ?
Répondras-tu encore avec mépris
À ceux qui subissent ta désastreuse tyrannie ?

Tu as négligé, torturé, pendu, brûlé, écorché,
Les sirènes bienfaisantes qui murmuraient aux flots des vents
Tu as cru que le monde était une idée façonnable à souhait
Et tu as confondu les rêves d’amour et les cauchemars.

La mort est bleu cobalt
Chant de baleine
Envol riant de pic
Vagissement de nouveau né.

Tu ne peux l’accabler,
La vie est son enfant.

Ana Minski, extrait du n°67 de la revue Nouveaux Délits

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